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Œuvrer en collaboration : le bouclier lumineux du Théâtre de Reims (1930-1931)

Communication dans un congrès
2025
Marie Savoldelli. Œuvrer en collaboration : le bouclier lumineux du Théâtre de Reims (1930-1931). Arts et architecture au temps de l’Art déco dans le Grand Est, Archives modernes de l’architecture lorraine, Nov 2025, Nancy, France. ⟨hal-05561996⟩
Le contexte de la Première Reconstruction est très favorable au vitrail et à ses praticiens qui reçoivent de très nombreuses commandes. Le vitrail est en vogue dans le domaine religieux bien entendu, mais aussi pour les grands ensembles publics civils et Reims se démarque comme l’un des foyers les plus dynamiques de la période. Le Théâtre, aujourd’hui Opéra de Reims, est un ensemble civil bien connu, mais dont le bouclier lumineux réalisé par Jacques Simon entre 1930 et 1931 mérite une étude plus approfondie. Les conditions de création de cette œuvre nous éclairent sur le rôle du peintre verrier dans le cadre de grandes commandes de la Reconstruction et sur sa place au sein des réseaux d’artistes et d’industriels alors mobilisés. Tous doivent travailler de concert pour créer des vitraux qui s’intègreront harmonieusement dans le projet d’ensemble imaginé pour l’édifice. Ce chantier rassemble des artistes Rémois majeurs de l’entre-deux-guerres, comme les architectes François Maille et Louis Sollier, les ateliers de sculpture Berton, l’entrepreneur de peinture Maurice Simon, mais aussi des Parisiens comme le peintre René Rousseau-Decelle et surtout le ferronnier Edgar Brandt. Selon le journaliste Anthony Goissaud, Maille et Sollier ont réussi à s’approprier « l’un des plus beaux Théâtres de France » édifié en 1866 et dont l’ornementation d’origine paraît excessivement chargée en 1930. Tout en conservant l’aspect extérieur de l’édifice, les architectes ont pu remanier l’aménagement intérieur grâce au béton armé, apporter « le confort moderne qui manquait à l’ancien édifice » et ont su maîtriser une esthétique très éclectique en alliant des références historicistes et un style dit « Art Déco » hérité de l’Exposition internationale de 1925. C’est parce que Jacques Simon a lui aussi dû rester attentif à toutes ces exigences que nous souhaitons présenter ce chantier. En effet, en utilisant les nouveaux matériaux mis à sa disposition, le peintre verrier s’adapte aux nouveaux moyens d’éclairages et dans la continuité de ce qui avait été fait au Théâtre des Champs-Élysées à Paris, il renouvelle le modèle traditionnel du lustre d’opéra. Il a ainsi réussi à fabriquer une œuvre exceptionnelle qui témoigne du goût de son époque, sans pour autant s’imposer face aux autres éléments de décor de la salle de spectacle.
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