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Généalogies de l’art extra-terrestre : la Renaissance comme origine

Chapitre d’ouvrage
2026
Florian Métral. Généalogies de l’art extra-terrestre : la Renaissance comme origine. Gérard Azoulay (dir.),. L'art extra-terrestre au XXIe siècle, cat. expo. (Mouans-Sartoux, Espace de l'Art Concret, 2026), Paris, Editions de l'Observatoire de l'Espace, pp.5-11, 2026, 978-2-85440-053-3. ⟨hal-05523900⟩
Les artefacts réunis dans cette exposition datent pour la plupart de l’après 1960–1970, lorsque l’humanité a franchi pour la première fois le seuil de l’Espace, faisant l’expérience de la projection physique d’un objet ou d’un être au-delà des limites de la Terre. Moment fondateur, puisqu’il a inauguré l’ère de la condition extra-terrestre et, plus largement, l’âge spatial. Embrasser, dans un même mouvement, cet « art extra-terrestre » et celui de la Renaissance — entendue en ses limites classiques des xve et xvie siècles — pourrait donc sembler un anachronisme. Sauf à considérer la période non dans un « régime d’historicité » linéaire, d’ascendance positiviste, un commencement tendant unilatéralement vers une fin, mais comme un moment d’origine, un « tourbillon dans le fleuve du devenir », pour reprendre la formule de Walter Benjamin2-. Moment d’origine au sein duquel Michel Foucault, dans Les Mots et les Choses, aura su identifier les « codes fondamentaux » de l’épistémè de la pensée occidentale moderne3-. Michel Jeanneret l’a quant à lui formulé en historien : la Renaissance ne s’intéresse pas tant au « commencement absolu, à l’origine comme une naissance une et définitive », qu’à « la succession, toujours en cours, des commencements ». Si l’on veut bien reconnaître à la Renaissance ce rôle de creuset de la modernité, alors elle peut se révéler féconde pour penser l’art extra-terrestre dans sa longue histoire, pour mettre à jour les images et les imaginaires qui commandent, explicitement ou subrepticement, nos représentations de l’Espace.
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