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Deuxième séance du séminaire « L'altérité dans l'art »

Photographie de Jean-Pierre Dalbéra, Du berceau à la tombe, vitrine conçue par Georges Henri Rivière pour la Galerie culturelle du musée national des Arts et Traditions populaires, présentée lors de l'exposition « Dioramas » du 14 juin au 10 septembre 2017 à Paris au palais de Tokyo
Lecture
Centre Chastel
26.02.2024
Video
Intervenant(s) :
Durée :
1h50

Deuxième séance du séminaire « l’Altérité dans l'art » avec Nancy Ba et Laure Fordin, doctorantes au Centre André-Chastel.

Nancy Ba

« La barbarie des couleurs » comme marqueur de l’altérité dans la représentation sculptée de l’Africain durant la seconde moitié du XIXe siècle.

Au cours du XIXe siècle, alors que l’Afrique du Nord est associée aux scènes orientalistes, on loue la primitivité quasi-édénique d’une Afrique subsaharienne encore largement inexplorée. Les premières images étant souvent les plus marquantes, la vision stéréotypée d’une Afrique bariolée se consolide dans les imaginaires. Les voyages favorisés par le Second Empire colonial français enrichissent le catalogue des physionomies humaines auxquelles les artistes peuvent se référer. Les sculpteurs s’inspirent alors des méthodes de l’anthropologie physique et la reproduction fidèle des traits devient une préoccupation majeure : les représentations d’Africains sont donc majoritairement sculptées dans des matériaux colorés, dans l’idée d’imiter leurs couleurs « naturelles ». Aussi, le choix de la couleur n’apparaît pas comme un ajout pittoresque ou fantaisiste, mais bien comme un élément indispensable. Il s’agira d’explorer au cours de cette communication la façon dont la couleur s’incarne dans la représentation sculptée de l’Africain à la fin du XIXe siècle. Quelles sont les implications matérielles et esthétiques de la polychromie dans ce genre de représentations ? Il sera aussi question de la place de la couleur en tant qu’élément structurant de l’identité visuelle des corps africains et les positions symboliques auxquelles ils sont renvoyés.

Laure Fordin

Rendre l’autre familier et se rendre étranger à soi, trois exemples d’expositions à la lisière de l’art et de l’anthropologie.

Georges Henri Rivière, Jean Gabus et Harald Szeemann ont marqué durablement l’histoire de l’exposition. Cette histoire est également celle de l’évolution des rapports à l’autre et à sa propre culture. Au musée de l’Homme puis au musée des Arts et Traditions populaires qu’il dirige dès 1937, Georges Henri Rivière organise l’exposition « Bretagne. Art populaire. Ethnographie régionale » du 23 juin au 23 septembre 1951. Son action fondatrice consiste à présenter toujours plus objectivement les cultures proches ou lointaines tout en se concentrant sur l’objet. Au musée d’Ethnographie de Neuchâtel, son ami et collaborateur Jean Gabus suit les mêmes préceptes et prend plusieurs libertés artistiques dont s’abstient son confrère parisien. Il organise l’exposition « La Main de l’homme » en 1963 qui met en correspondance les objets de différentes cultures. En 1969, ce sont les artistes eux-mêmes qui malmènent la Kunsthalle à Berne lors de l’exposition « Quand les attitudes deviennent forme » organisée par Harald Szeemann. Ils mettent en crise l’institution muséale et invitent l’art à se fondre dans le champ social. Serait-ce la seule solution pour que le musée parvienne à rendre compte de la vie derrière les objets qu’il expose ?