Communication dans un congrès
2025
Christophe d'Alessandro, Cristina Dagalita. Une chronique des orgues de Notre-Dame de Paris pendant la guerre de Cent Ans. Rencontres de musicologie médiévale, SFM -Société Française de Musicologie, Jan 2025, Lyon, France. ⟨hal-05265016⟩
Lorsque l’orgue médiéval s’installe, entre la fin du 13e siècle et le milieu de 14e siècle dans les grands édifices séculiers dont la cathédrale de Paris est le parangon, une double fonction musicale se dessine : l’office divin bien sûr, mais aussi la représentation musicale des pouvoirs, par le caractère prestigieux attaché à l’orgue monumental et à sa sonorité impressionnante. L’analyse exhaustive des registres capitulaires de Notre Dame de Paris et des extraits pris au 18e siècle par Claude Sarasin dans des registres aujourd’hui perdus nous a révélé quelques 120 mentions des orgues entre 1332 et 1453, dont plus de 70 ne semblaient pas connues des études précédentes sur ces instruments. Grâce à ce corpus exceptionnel, les personnages importants du moment défilent sous nos yeux dans la chronique des orgues de Notre-Dame pendant la guerre de Cent Ans, à l’occasion d’évènements festifs ou pour contempler les précieuses et efficaces reliques conservées au trésor. La documentation propre à Notre-Dame, complétée par les études anciennes ou récentes sur l’orgue gothique et la musique pendant la guerre de Cent Ans nous permet d’aborder les études prosopographiques, organologiques et musicales. Alors que l’office divin est réservé aux clercs, l’orgue est servi ici principalement par les laïcs (organistes et facteurs d’orgue), dont la vie sociale et économique peut être esquissée, les instruments nous apparaissent avec suffisamment de détail pour proposer des reconstitutions vraisemblables. La typologie du répertoire peut également être reconstituée, quelques noms de compositeurs avancés. Notre-Dame de Paris joue ici aussi un rôle de modèle ou de précurseur à cause de la concentration des pouvoirs et des savoirs médiévaux dans l’Île de la Cité. La fonction et la place de l’orgue tels qu’ils s’établissent à Notre-Dame au mitan de la Guerre de Cents Ans sont restés étonnamment constants jusqu’à nos jours.