Aller au contenu principal Aller au menu Aller à la recherche

AddToAny share buttons

Penser la culture matérielle. André Leroi-Gourhan et le Japon (1937-1939)

Thèse
2026
Marion Di Santi. Penser la culture matérielle. André Leroi-Gourhan et le Japon (1937-1939). Art et histoire de l'art. Sorbonne Université, 2026. Français. ⟨NNT : ⟩. ⟨tel-05577955⟩
La présente thèse se concentre sur les collections de matériel ethnographique et archéologique rassemblées par l’ethnologue et préhistorien André Leroi-Gourhan (1911-1986) lors de son séjour au Japon, entre 1937 et 1939. Une telle étude, relevant de l’histoire des collections et du patrimoine muséal, manquait à la compréhension de l’œuvre de cet universitaire français. Bien que ses travaux aient fait l’objet de plusieurs études, son voyage au Japon est encore considéré comme une parenthèse dont l’incidence restait à explorer. L’étude de nouveaux fonds d’archives a pourtant permis de mettre en évidence l’existence de plusieurs manuscrits inachevés portant sur le Japon. Les recherches japonaises de Leroi-Gourhan n’ont pas fait l’objet de publications significatives, mais s’avèrent omniprésentes, quoique diluées, dans ses ouvrages majeurs dont Archéologie du Pacifique-Nord (thèse de doctorat soutenue en 1944, parue en 1946), Évolution et techniques (1943-1945), voire au sein de son grand œuvre plus tardif, Le Geste et la parole (1964-1965). La mission de Leroi-Gourhan au Japon s’inscrit dans le contexte de l’âge d’or des expéditions du musée d’ethnographie du Trocadéro, au moment charnière de sa métamorphose en musée de l’Homme, qui fut inauguré en 1938. Ce voyage expérimental, appuyé et financé par les autorités japonaises, est donc une étape significative pour l’établissement : première mission ethnographique menée dans un pays extra-européen entièrement modernisé et première mission dans l’archipel nippon. Destinées au musée de l’Homme et au musée Guimet, les collections rassemblées par Leroi-Gourhan représentent aujourd’hui l’unique témoignage de cette période pendant laquelle le scientifique forge ses idées novatrices en archéologie, en ethnologie et en technologie comparée. À ce titre, elles soulignent le rôle de catalyseur joué par la rencontre d’un héritage universitaire et muséal français et de divers courants intellectuels et artistiques japonais, tout en livrant un portrait original de la société japonaise des années 1930. Dans une perspective plus large, la mission de Leroi-Gourhan au Japon invite à la réflexion sur les tensions entre une neutralité scientifique et une ethnographie de sauvetage, inhérentes à l’ethnologie française du premier XXe siècle, mais aussi sur la crise du progrès à l’époque contemporaine. À partir de ce travail d’analyse, cette thèse entend déconstruire le regard scientifique d’André Leroi-Gourhan sur la culture matérielle et ses sujets. Elle vise également à alimenter les études portant sur le statut de l’objet patrimonial à l’intérieur d’un vaste ensemble protéiforme, composé des collections elles-mêmes, des fonds muséaux dans lesquels elles s’insèrent, des photographies et notes de terrain du collecteur, ainsi que des sources et des archives de ce dernier.
Voir la notice complète sur HAL