CallFront est un consortium innovant, rattaché à l’Institut national d’histoire de l’art, qui répertorie et analyse la diversité des styles calligraphiques arabes. Son action produira des effets dans l’univers des musées et de la conservation, mais aussi dans le marché de l’art.
La notion de consortium est habituellement attachée au monde de l’industrie, éventuellement du journalisme, évoquant l’économie ou la géopolitique. Mais sait-on qu’il en existe au moins un dans le monde de l’histoire de l’art ? Il s’appelle CallFront. Cet acronyme est aussi baroque que la suite de mots qui le composent, « Calligraphies en caractères arabes dans les zones frontières du monde islamique ». Mais son cheminement est emblématique des changements inédits qui s’opèrent dans la recherche au XXIe siècle, notamment dans des domaines réputés plutôt conservateurs. Basé à l’Institut national d’histoire de l’art (l’INHA), il agrège un réseau international de chercheurs, de calligraphes ou d’experts autour d’un outil – une base de données numérique –, de rencontres et d’échanges ou de publications. Ces spécialistes sont issus de plusieurs disciplines : histoire, histoire de l’art, codicologie, paléographie, épigraphie, anthropologie et archéologie.