Conférence d'Élodie Vaudry
Histoires croisées de nostalgies. Les références préhispaniques dans les Expositions Universelles parisiennes, 1855 à 1937
Résumé : Pourquoi centrer mon propos par le concept de nostalgie ? Parce qu’à la lecture d’études sur les Expositions Universelles, le terme revient régulièrement, trop, pour ne pas être pas pris en compte. Ce leitmotiv sémantique s’explique facilement : les Expositions Universelles, quoique temporaires, produisent des espaces de tension entre le local, le national et l’international : des acteurs, des objets et des aspirations s’y rencontrent et partagent, simultanément, plusieurs temporalités. Cette synchronicité est particulièrement mise en lumière dans l’étude des pavillons latino-américains à Paris, de 1855 à 1937. Les références précolombiennes y étaient théâtralisées dans les artefacts, les architectures, les peintures, les sculptures ou encore les mythes ; le passé précolonial y était homogénéisé – les sources aztèques jouxtaient les sources incas –, altérité pour les uns, il était à soi pour les autres, mais il représentait surtout une zone de contact avec les autres passés européens et orientaux.