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Paradis perdus : colonisation des paysages et destruction des éco-anthroposystèmes

Portfolio colonial, dépeignant les paysages, les villes et les industries des possessions et dépendances françaises, ainsi que des pays qui, quoique n’étant pas effectivement sous notre protectorat, font néanmoins partie de la France coloniale en raison de leurs mœurs, leurs traditions et leur langage, photographies rassemblées par John L. Stoddard, Paris, The Werner Company de Chicago, 1895

L’idée que la nature comme espace essentiel et vital de l’être humain a été contaminée à jamais par un processus irréversible de destruction des écosystèmes fait naître de par le monde la manifestation d’un désenchantement qui dit qu’un équilibre fondamental à l’existence humaine a été rompu. Nombre de travaux relevant des humanités environnementales tentent grâce aux ressources iconographiques et textuelles de faire le récit de cette rupture. En amont il y aurait eu un autre monde à jamais perdu. C’est l’enseignement de ces travaux et les sources auxquelles ils font appel que ce programme souhaite distinguer et mettre en perspective. Ces sources sont pour certaines encore trop méconnues, notamment celles produites par les scientifiques – botanistes, zoologues, géologues, géographes, etc. – et les artistes qui ont accompagné, sans pour autant les soutenir, les déploiements coloniaux. Pour des raisons politiques et culturelles, ces sources ont été recouvertes.

Le programme « Paradis perdus : colonisation des paysages et destruction des éco-anthroposystèmes » vise à contribuer auprès de la communauté scientifique et au-delà, par l’élaboration de connaissances sur les images, les textes et les transformations de lieux, au mouvement actuel des humanités environnementales – qui cherche à dépasser le dualisme entre nature et culture et à repenser l’action humaine sur Terre face aux urgences climatiques et écologiques –, aussi bien du point de vue des intentions qui sont à l’origine de ces productions, que de leurs modes de présentation, de réception et de la continuité de leurs effets.

Le programme « Paradis perdus : colonisation des paysages et destruction des éco-anthroposystèmes » s’inscrit simultanément dans le cadre des études postcoloniales, dans le double sillage de l’histoire mondiale et de l’histoire globale et dans le tournant écologique des sciences humaines et sociales. Il entend participer à la poursuite d’une histoire environnementale de la colonisation, à l’élaboration d’une histoire environnementale de l’art, tout juste émergente, et au développement des études sur le paysage dans toutes ses dimensions, à l’échelle globale.

En partenariat avec l'Institut national d'histoire de l'art

Blog https://paradisperdus.hypotheses.org/

Programme

  • 2 octobre 2018 : Serge Bahuchet (Muséum national d’histoire naturelle)
  • 10-13 octobre 2018 : Atelier avec Hassan Darsi à La Source du Lion, Casablanca (Maroc)
  • 4 décembre 2018 : Jacques Leenhardt (EHESS)
  • 15 janvier 2019 : Sami Boumediene (CNRS)