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Soutenance de thèse de Yazan Alloujami

Thesis defense
29th November 2025 from 09:00 am to 12:30 pm
Galerie Colbert (INHA), Salle Ingres (2e étage), 2 rue Vivienne ou 6 rue des Petits-Champs, 75002 Paris

Yazan Alloujami soutiendra sa thèse Actualité du projet moderne dans l’art contemporain du Proche-Orient arabe (1990-2020)

préparée sous la direction de Valérie Mavridorakis

Composition du jury :

  • Antonia Birnbaum (examinatrice). Professeure, Université Paris 8
  • Christian Joschke (rapporteur). Professeur, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts
  • Valérie Mavridorakis (directrice). Professeure, Sorbonne Université
  • Nadia Radwan (rapporteure). Associate professor, Haute École d’Art et de Design de Genève
  • Rasha Salti (examinatrice). Écrivaine et curatrice d'art et de cinéma

Résumé :
Depuis les années 1990, des artistes libanais, palestiniens et syriens consacrent leur travail à la réappropriation d'objets et de récits oubliés du milieu du XXe siècle. En apparence éloignées, ces œuvres semblent être hantées par un « projet arabe moderne », initié au XIXe siècle et jugé épuisé dans les années 1980. La réapparition de ce projet émancipateur, dans un moment où ses promesses sont plus que jamais menacées, est analysée en lien avec le concept d’« actualité » esquissé dans les écrits tardifs de Walter Benjamin. Des œuvres de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, Mona Hatoum, Emily Jacir, Jumana Manna, Walid Raad et Ala Younis sont examinées. Des analyses approfondies seront également consacrées au « projet Madani » d’Akram Zaatari, ainsi qu’au collectif Fehras Publishing Practices.
Le but est d’abord de relier les généalogies et les occurrences fragmentées de cette tendance artistique en explorant ses liens avec la pensée arabe des années 1980 et 1990, ou encore avec le « tournant historiographique » dans l’art global. Il s’agit ensuite d’identifier dans ces œuvres des procédés communs, « allégoriques », à travers lesquels elles tentent d’actualiser le passé pour analyser le présent. Enfin, il s’agit d’ancrer l’actualité du projet moderne dans ses conditions de possibilité, à savoir la naissance, dans les années 1990, d’un monde de l'art global et, plus généralement, le « développement inégal et combiné » du monde arabe. Ce concept matérialiste historique apportera un nouvel éclairage sur les œuvres, tant sur le plan de leur contenu (l'obsession d’une modernité inaboutie) que sur celui de leur conditionnement matériel (la demande occidentale d’« art contemporain arabe »).