Dans le cadre de sa saison culturelle 2025 « Paysage vivant », le Château de La Roche-Guyon, propose cette année l’exposition « Des plantes aux paysages » du photographe Olivier Verley. La journée d’étude « Paysages vivants – (Mi)lieux mouvants », tentera d’enrichir la réflexion sur l’évolution du paysage et des nouvelles approches et pratiques pour prendre soin de lui… et de nous.
« La saveur de l’existence est celle du temps qui passe et change, du non fixe, du jamais certain, inachevé ; c’est d’ailleurs en cette mouvance que consiste la meilleure et plus sûre permanence de la vie… »
Clément Rosset, philosophe français (1939-2018)
La vie démarre il y a 3,8 milliards d’année. L’histoire commence par une bactérie. La cyanobactérie, du haut de sa cellule unique, va mettre au point la photosynthèse, base de la production d’oxygène. En quelques milliards d’années, l’atmosphère devient respirable pour des organismes plus complexes : algues et mousses puis fougères et arbres. Tous produiront à leur tour l’oxygène indispensable à la vie des habitants de la Terre.
La notion de paysage est quant à elle un concept culturel, c’est une perception propre aux êtres humains : c’est « la partie d’un pays que la nature présente à un observateur » (déf. Dictionnaire Le Robert)
Vie et paysage sont en principe indissociables, le paysage est constitué d’organismes vivants, il est en proie à des phénomènes – naturels ou anthropiques – qui le transforment continuellement.
Pourtant l’être humain est parvenu à engendrer des paysages presque inertes et stériles, oubliant souvent comment cohabiter harmonieusement avec son milieu.
Comme pour conjurer le sort, cette journée d’étude propose de célébrer les paysages, les lieux et les milieux bien vivants et mouvants tout en conjuguant Culture avec Nature.
PROGRAMME
- 9h30 Accueil
- 10h Introduction à la journée d’étude jardin
- 10h15 « Qu’est-ce qu’un paysage ? Quelques repères »
Alors que deux mots distincts permettent de différencier le visage et le portrait, un même terme, « paysage », peut désigner aussi bien un espace que sa représentation. De cette notion ambivalente, nombre d’approches ont été proposées dans les sciences humaines et sociales, dont certaines seront exposées plus en détail afin de mieux saisir son épaisseur historique et conceptuelle.
Hervé Brunon
Hervé Brunon est historien des jardins, du paysage et de l’écologie, est directeur de recherche au CNRS (Centre André-Chastel, Paris). - 11h « L’observation photographique des paysages : de la mise en image à l’écriture de récits du territoire »
Point sur l’histoire de l’Observatoire Photographique des Paysages (OPP) du Ministère de la transition écologique qui fait suite et s’enracine en partie dans la mission photographique de la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (DATAR) du début des années 1980. Exemple de mise en place d’un OPP à travers la démarche de celui de l’autoroute A 89 : la question des usages d’un OPP, grande lacune de l’observatoire photographique national du paysage (une méthode en somme pour lire les images et les faire «parler»). Démarches qui mettent en jeu la photographie de paysage et permettent d’écrire un récit collectif du territoire (exemple : une expérience à deux pas de La Roche-Guyon sur le territoire du PNR du Vexin français).
Pierre Enjelvin
Pierre Enjelvin est photographe et membre de l’Observatoire photographique des territoires du Massif central. - 11h45 Pause
- 12h « Le jardin et ses équilibres. Un héritage à comprendre, maintenir et transmettre »
La recherche d’équilibres entre les unités structurantes et le contenu des jardins mène à percevoir et (re)considérer des éco- systèmes globaux où cohabite ce qui a longtemps été opposé, et à renouveler nos perceptions et questionnements tant sur les lignes que sur le vivant qui les habitent. D’un principe d’aménagement initial au temps long et à une forme de spontanéité, comment aborder ces lieux aux multiples formes patrimoniales ? Comment faire dialoguer ces richesses dans des mécanismes systémiques et comment gérer, entretenir et intervenir ?
Christopher Peignart
Chrisopher Peignart est diplômé d’Histoire de l’Art, d’Archéologie environnementale, du Master Jardins Historiques, Patrimoine et Paysage, et d’une formation spécialisée en aménagement paysager/application environnementale, il est jardinier et paysagiste. Expert jardins et grands domaines et chef de la cellule jardins, patrimoines végétal et hydraulique au sein du Centre des Monuments Nationaux (CMN), il pilote et coordonne stratégie et gestion globale des jardins, notamment dans le cadre d’un « Plan jardin » visant à repenser les méthodes de gestion des ensembles
jardins, paysagers et hydrauliques des sites du CMN. - 12h45 Échanges
- 13h Déjeuner
- 14h15 « Les Fermes de Ségur, un paysage qui nourrit »
Situées à Ségur-le-Château, en Corrèze, les Fermes de Ségur visent à restaurer un paysage, à nourrir la population locale, à soutenir l’installation de jeunes paysans et à renforcer le lien entre les habitants et leur environnement. Le projet prend progressivement forme à travers un processus d’implémentation et
d’apprentissage lent.
Tiphaine Laurent
Tiphaine Laurent est ethno-paysagiste et illustratrice. Elle étudie et raconte nos relations avec les paysages et les différents êtres vivants qui les habitent. Titulaire du DSAA « Design d’espace-alternative urbaine », et d’un Certificat d’études supérieures paysagère (CESP), elle vit à Ségur-le-Château (19) où elle participe à la mise en place du dispositif foncier de protection de l’environnement ORE (obligation réelles environnementales) pour les Fermes de Ségur. - 15h « Un paysage ravivé ? »
Les paysages produisent et se fabriquent entre épuisement de ressources, des milieux et régénération. En quoi les pratiques paysannes économes rouvrent des perspectives pour raviver les sols, les territoires, et offrir une autre esthétique des paysages.
Agnès Sourisseau
Agnès Sourisseau est diplômée de l’École Nationale Supérieure du Paysage de Versailles, elle a été formée à l’horticulture à l’école Dubreuil et aux arts appliqués au sein des Écoles Estienne et Dupéré. Elle s’est spécialisée dans la restauration des milieux dégradés ruraux et urbains, en utilisant le génie-écologique et l’agro-écologie. Elle développe depuis 20 ans un projet de recherche et développement en agroforesterie sur la parcelle des Monts-Gardés (77). Elle est à l’origine de la création de l’association Agrof’île (Agroforesterie et sols vivants en île de France), qu’elle dirige depuis 2016. - 15h45 « Intervenir sur le paysage sans compromis sur le respect du vivant »
Discussion ouverte dans le verger sur les façons de jardiner pour le vivant, humain et autre qu’humain où nous aborderons quelles sont les méthodes qui peuvent être mises en œuvre par tout·es et leurs enjeux pour parvenir à des interventions vraiment respectueuses du vivant, du petit jardin privé au grand paysage, en passant par les espaces gérés par les entreprises ou les collectivités.
Vladimir Slonska
L’entreprise du paysage Le temps de la terre s’est engagée depuis sa création, début 2024, dans une démarche de respect radical du vivant, en intervenant sans plastique et sans moteurs, à l’aide d’outils et de moyens artisanaux. Elle est composée de quatre ancien·es étudiant·es de la licence « Design des milieux
anthropisés » de l’université de Limoges, et parrainée par le paysagiste Gille Clément. Louann Thomas, Nina Houdin, Jeanne Cassier et Vladimir Slonska jardinent et conçoivent des espaces dans le respect de l’écosphère, en s’inspirant des dernières connaissances des sciences de la Terre, humaines et sociales
(https://letempsdelaterre.fr). - 16h30 Pause
- 16h45 « Plantes des lisières : entre flux, reflux et refus »
Les haies, les talus, les bandes enherbées sont autant d’espaces vivants, ou liberté et diversité sont de mise. Le sort et le regard que nous leur réservons est le reflet de nos désirs, de nos peurs, de nos croyances et même parfois de nos fantasmes.
Thierry Thévenin
Depuis 1987, Thierry Thévenin est producteur de plantes médicinales et cueilleur de plantes sauvages. Titulaire d’un Brevet Professionnel responsable d’exploitation agricole plantes aromatiques, médicinales et à parfum et d’un Certificat de phytologue-herboriste de l’Association pour le Renouveau de l’Herboristerie. Il adhère au Syndicat des simples en 1991 en en devient le porte-parole. En 2015, il cofonde « Vieilles racines et jeunes pousses », une association, une ferme-école et des éditions pour transmettre la pratique du végétal. Il participe à la fondation de la « Fédération des Paysan(ne)s-herboristes » et en est actuellement le président. - 17h30 Échanges et conclusion de la journée
Journée d’étude conçue par Emmanuelle Bouffé, jardinière-paysagiste et Antoine Quenardel, paysagiste. sur invitation de l’EPCC du Château de La Roche-Guyon.
service [dot] accueil
chateaudelarocheguyon [dot] fr (service[dot]accueil[at]chateaudelarocheguyon[dot]fr) // 01 34 79 74 42Participation gratuite sur inscription.
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