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Les vitraux civils de Jacques Simon à Reims (1918-1939) : une recherche sur un patrimoine difficile d’accès

Conference paper
2025
Marie Savoldelli. Les vitraux civils de Jacques Simon à Reims (1918-1939) : une recherche sur un patrimoine difficile d’accès. Reims, 1925-2025 : définir, raconter, transmettre l’Art déco, Ville de Reims, direction de la culture et des patrimoines, Jun 2025, Reims, France. ⟨hal-05561991⟩
En 2019 et 2020, Benoît Marq et Charlotte Girard-Marq, descendants de la famille Simon, une dynastie de peintres verriers active à Reims pendant cinq siècles, ont confié les archives de l’atelier à la Médiathèque du patrimoine et de la photographie (MPP) à Charenton-le-Pont et ont fait don de plusieurs œuvres au Musée des Beaux-Arts de Reims. Dans le cadre de mon master, j’ai pu mener des recherches sur la carrière de Jacques Simon qui ont souligné l’exceptionnelle richesse de ce fonds d’atelier et en 2023, une partie des œuvres a été valorisée l’exposition Jacques Simon, maître de la lumière organisée à l’Hôtel le Vergeur. Les vitraux civils sont une partie moins connue de la production de Jacques Simon, hormis quelques chefs-d’œuvre telle La Première stupeur du roi des airs ou encore la lanterne de la Bibliothèque Carnegie. Grâce aux archives documentant la quasi-totalité des chantiers de l’atelier, j’ai pu étudier plus précisément ces créations et une enquête de terrain m’a permis d’identifier de nombreux vitraux, souvent difficilement accessibles, et constater l’état de conservation d’une partie d’entre eux. À l’issue de ce mémoire de master, il est apparu que le contexte de la Première Reconstruction avait été très favorable au vitrail et à ses praticiens. À Reims, l’Atelier Jacques Simon répond aux nombreuses commandes pour les édifices publics ou privés, ainsi que pour les demeures de la bourgeoisie rémoise. Ses vitraux trouvent leur place dans une ville de style éclectique qui accueille les différentes tendances artistiques de la période. Ces vitraux manifestent la volonté des habitants de Reims de restaurer leurs habitations en privilégiant parfois une reconstruction « à l’identique » tout en valorisant l’histoire locale. Ils encouragent aussi la création contemporaine qui glorifie les richesses et l’innovation champenoise. Les formules nouvelles ne viennent pas toujours de Jacques Simon, mais il sait les utiliser à bon escient pour ancrer sa production dans le mouvement appelé rétrospectivement « Art déco ». Ces premières recherches seront étendues dans la thèse intitulée Le vitrail à Reims pendant l’entre-deux-guerres (1918-1939) que j’entreprends en collaboration avec le Musée des Beaux-Arts de Reims. Si mes travaux de Master marquaient un premier pas vers une meilleure connaissance de ce patrimoine et de son contexte de création, les archives n’ont pas encore révélé tous leurs secrets et le matériel à notre disposition prouve qu’une étude plus approfondie est possible et nécessaire. Celle-ci pourra aussi être enrichie grâce aux projets portés par la collectivité, comme le Site Patrimonial remarquable dans le centre-ville reconstruit ainsi que ceux menés par l’Inventaire général, en partenariat avec la région Grand-Est. Ainsi, le rôle complémentaire de chaque institution démontre à quel point il est fondamental d’encourager leur collaboration pour pouvoir mener à bien les recherches, diffuser la connaissance sur ces œuvres méconnues et garantir leur sauvegarde.
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