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La bataille d’Arausio (105 av. J.-C.) : une histoire européenne

Colloque international
Colloque
Du Mardi 20 septembre 2022 au Vendredi 23 septembre de 00h00 à 23h59
Palais des Princes, cours Pourtoules, 84100 Orange

Institutions publiques et entreprises privées associées :

  • Ville d’Orange

Établissements d’enseignement supérieur et de recherche :

  • Sorbonne Université, centre André-Chastel (UMR 8150)
  • Aix-Marseille Université, centre Paul-Albert Février-TDMAM (CNRS/ AMU)

Organismes privés

  • Société GÉDÉON Programmes (documentaires, magazines, télévision, entreprises)
  • Société Mosaïques Archéologie, opérateur agréé par l’État

Comité d’organisation

  • Loïc BUFFAT, docteur en archéologie, UMR 5140 Archéologie des Sociétés Méditerranéennes, gérant de Mosaïques Archéologie, directeur scientifique du Programme collectif de recherche « Arausio 105 »
  • Alain DEYBER, président du Programme collectif de recherche« Arausio 105 », docteur en histoire
  • Mathieu ENGERBEAUD, maître de conférence en histoire romaine à Aix-Marseille Université, centre Paul-Albert Février-TDMAM (CNRS/ AMU)
  • Nathalie GINOUX, professeure des universités, Sorbonne Université, centre André-Chastel (UMR 8150), équipe archéologique du site du Lampourdier (Châteauneuf-du-Pape, Orange)
  • Yann LE BOHEC, professeur émérite des universités, Sorbonne Université
  • Stéphane MILLIERE, président-directeur général de la société GÉDÉON Programmes (Paris), réalisateur d’un film (docufiction de 90’) sur la bataille d’Orange en partenariat avec des chaînes de TV françaises et étrangères
  • Bernard PETIT, professeur agrégé d’histoire

Argumentaire scientifique :

Le 6 octobre 105 av. J.-C., les Romains subirent, près d’Arausio (Orange), un des revers militaires les plus catastrophiques de leur histoire. Du point de vue des pertes humaines, ce désastre surpassait toutes les défaites du passé, et l’historien Theodor Mommsen (1817-1903) ne s’était pas trompé lorsqu’il écrivait que « par les pertes matérielles et l’effet moral, la catastrophe d’Orange dépassait même la journée de Cannes 1 » (216 av J.-C.). Cependant, les textes antiques, qui ne présentent que le point de vue des Romains et de leurs alliés, nous apprennent que la coalition victorieuse ce jour-là, composée de peuples germains et celtiques, fut terrassée quelques années plus tard, en 102 et en 101, par l’action presque providentielle d’un chef romain, Caius Marius. L’action de celui qui est présenté comme le sauveur de l’Italie a depuis longtemps polarisé les récits, antiques comme modernes, empêchant la mise en œuvre d’une analyse équitable des faits et des acteurs, dont l’action a été revue et corrigée par l’orgueil et la morale romaine. L’historien Camille Jullian (1859-1933) résumait bien le point de vue des sources anciennes sur les ennemis des Romains, que l’on réduit bien trop souvent aux seuls Cimbres et Teutons : « les Anciens nous ont laissé l’impression d’une chevauchée monstrueuse, d’un ouragan d’hommes et de bêtes, balayant le sol jusqu’au fleuve, renversant les légions et leurs camps, semant partout le désespoir, la fuite et la mort ». Partis de l’Europe du Nord et après avoir migré pendant plusieurs années dans la partie centrale du continent, leur mouvement s’est plusieurs fois heurté à des armées romaines à partir de 113, dans des confrontations qui ont été à chaque fois victorieuses. Leur migration les conduisit jusque sur les rives du Rhône où, en 105, ils détruisirent deux armées consulaires venues d’Italie dans un gigantesque carnage, tout près du lieu où sera ultérieurement fondée la colonie romaine d’Arausio.

Outre importance toute particulière de l’événement, dont les répercussions sont incommensurable et peu étudiées jusqu’alors, le cas d’étude est d’une singularité exceptionnelle pour une bataille antique, en raison de la découverte d’installations militaires romaines d’époque républicaine à proximité immédiate d’Orange, pour lesquelles une datation de la fin du IIe siècle avant J.-C. peut être établie. Depuis 2014, dans le cadre du Groupe de Recherche sur la Bataille d’Orange, auquel a succédé le Projet Collectif de Recherche Arausio 105 (2017), des recherches archéologiques pluridisciplinaires sont menées pour comprendre les logiques d’un site militaire qui pourrait être unique en son genre et un marqueur de l’histoire européenne.

Le lieu de la confrontation, dont la découverte ne fait que commencer, fut en effet, un incroyable lieu de convergence des populations. Jusqu’à une période assez récente, les redoutables adversaires des Romains, qu’ils soient Cimbres, Teutons, Tigurins ou Ambrons, ne sont resté que des noms dans des textes grecs ou latins. Dans cette perspective, le récit de leur défaite finale en 102-101 n’était voué qu’à servir de tremplin pour la carrière politique de Marius. Or, les travaux des dernières décennies ont réinvesti l’étude de ces peuples, jusqu’à leur donner enfin le statut d’objet historique à part entière, et ce indépendamment de l’histoire romaine. Cette appropriation ne se produit pas sans difficulté, car les Cimbres et les Teutons, qui sont également mentionnés par des géographes antiques, restent largement des fantômes pour les archéologues et les historiens, car les traces de leur migration à travers l’Europe demeurent particulièrement complexes à identifier. En effet, cette itinérance concernerait au moins quatorze pays européens : Danemark, Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Autriche, Suisse, France, Espagne, Italie, Slovénie et marginalement la Croatie. En face d’eux, ils avaient des forces composites réunissant des légionnaires romains, des peuples alliés italiens (les socii) et des auxilia externa provenant de toute la Méditerranée occidentale, de l’Espagne à la Grèce en passant par les Baléares et de la Gaule du sud à l’Afrique du nord (Numides, Maures).

En portant la réflexion sur la bataille d’Arausio à l’échelle européenne, l’objectif de ce premier colloque est de redonner à l’événement sa place dans l’histoire tourmentée de la fin du IIe siècle avant J.-C., à l’époque où la puissance romaine commence à instaurer un ordre politique en Gaule méridionale. Envisagée indépendamment de la victoire finale de Marius, la confrontation ouvre la voie à des réflexions peu explorées jusqu’alors : l’analyse du rapport entre les sources textuelles et un site archéologique très singulier, la prise en compte des ennemis des Romains comme des acteurs à part entière de l’histoire, l’étude des fragilités politico-militaires de l’ordre romain naissant en Gaule et les conséquences d’un massacre de très grande ampleur, qui n’a été que trop minimisé par les Romains eux-mêmes. Ce colloque d’archéologie et d’histoire, qui s’inscrit dans le cadre de l’intenseactivité scientifique du PCR Arausio, vise à faire dialoguer des spécialistes internationaux et à croiser les approches au sein de quatre sessions, dont la succession reflète les différentes orientations choisies pour les débats.

Programme du 20 septembre

Accueil des participants et visites commentées (Loïc Buffat et Nathalie Ginoux) des chantiers de
fouilles archéologiques du Lampourdier et Les Peyrières, des principaux monuments antiques de la
ville (Arc de triomphe et théâtre) ainsi que des collections et de l’exposition temporaire du musée
d’Orange. Colline Saint-Eutrope qui domine le théâtre, lieu du camp du général romain Quintus
Servilius Caepio (vestiges non visibles), des vestiges du capitole romain et du château des comtes d'Orange.

Programme du 21 septembre

Matinée

  • 9h-9h30 Introduction au colloque

Thème 1 : le champ de bataille d’Orange, histoire d’une découverte exceptionnelle ; méthodes et outils de la recherche (sources textuelles et archéologie)
Modérateur Stéphane Bourdin

  • 9h30-10h Histoire d’une redécouverte, par Alain DEYBER
  • 10h-10h30 Les recherches archéologiques, par Loïc BUFFAT
  • 10h30-10h45 Pause
  • 10h45-11h15 Kalkriese : an ancient battle site at the interface of historical and archaeological
    analysis
    , par Stefan BURMEISTER
  • 11h15-11h45 Les anciennes découvertes d’armes germaniques et gauloises dans la région d’Orange,
    par Tomasz BOCHNAK et Claude GRAPIN
  • 11h-45h-12h30 Table ronde : synthèse du thème 1

Après-midi

Thème 2 : mobilités guerrières et logiques ethnographiques et spatiales d’une migration européenne
Modérateur Bernard PETIT

  • 14h-14h30 Warlike mobility-tracing the mobility of Cimbri, par Jes MARTENS
  • 14h30-15h Roman and Germanic weaponry, army structure and power: changes in ritual practices in
    Denmark circa 200 BC,
    par Xenia PAULI JENSEN
  • 15h-15h30 Le point sur la question des migrations dans les régions rhénanes (titre à préciser), par
    Sabine RIECKHOFF
  • 15h30-15h45 Pause
  • 15h45-16h15 Long-term archaeobotanical research at central and rural sites of the Late Iron Age:
    insight into land use and the cultural landscape (titre à préciser)
    par Manfred RÖSCH
  • 16h 15-17h Discussion, synthèse

Programme du 22 septembre

Matinée

Thème 2 : mobilités guerrières et logiques ethnographiques et spatiales d’une migration européenne
Modératrice : Nathalie GINOUX

  • 9h30-10h From the "Moravian Gate" to the Balkans. Routes, networks and territorial control (titre à
    préciser)
    , par Piotr LUCKIEWICZ et Andrzej MACIALOWICZ
  • 10h-10h30 Réflexions sur les mouvements migratoires en Italie, par Stéphane BOURDIN (titre à
    préciser)
  • 10h30-11h Pourquoi la grande faiblesse des traces matérielles directes des migrations cimbriques en
    Europe occidentale ? (titre à préciser)
    , par Bernard PETIT
  • 11h-11h15 Pause
  • 11h15-12h Table ronde : Synthèse du thème 2

Après-midi

Thème 3 : Rome dans la tourmente à la fin du IIe siècle av. J.-C.
Modérateur : Giovanni BRIZZI

  • 14h-14h30 L’ordre romain en péninsule Ibérique à la veille de la bataille d’Orange, par Toni ÑACO DEL HOYO et Jordi PRINCIPAL
  • 14h30-15h L’armée romaine au combat dans la guerre de Jugurtha, par Yann LE BOHEC
  • 15h-15h30 Les Maures et les Numides dans l’armée romaine sous la République, par Ouiza AÏT AMARA
  • 15h30-15h45 Pause
  • 15h45-16h15 L’armée romaine au moment de la bataille d’Orange : le point sur les débats,
    par François CADIOU
  • 16h15-16h45  Discussion, synthèse

Programme du 23 septembre

Matinée

Thème 3 : Rome dans la tourmente à la fin du IIe siècle av. J.-C.
Modératrice Sabine RIECKHOFF

  • 9h30-10h Les défaillances du commandement romain et du problème des transfuges pendant les
    guerres cimbriques
    , par Catherine WOLFF
  • 10h-10h30 Orange, la pire défaite de l’histoire romaine ? Étude sur les pertes humaines et la gravité
    de la débâcle du point de vue romain
    , par Mathieu ENGERBEAUD et Sophie HULOT
  • 10h30-11h La réponse romaine à Arausio : Aquae Sextiae, Campi Raudii et les modèles « à
    l'ancienne » de Marius
    , par Giovanni BRIZZI
  • 11h-11h15 Pause
  • 11h15-12h30 Table ronde : synthèse du thème 3

Après-midi

Thème 4 : Orange : une bataille d’extermination de l’Antiquité - quels enseignements pour l’histoire
militaire ?

  • 14h-14h30 Les guerres d’extermination gauloises, par Laurent OLIVIER et Jean-Pierre LEGENDRE
  • 14h30-15h Violences de guerre, archives biologiques, archéologiques, historiques. Le regard de
    l’anthropologue (titre à préciser)
    , par Michel SIGNOLI
  • 15h-15h30 La fin du IIe siècle, un tournant dans la manière de faire la guerre chez les Celtes ?, par Alain
    DEYBER
  • 15h30-15h45 Pause
  • 15h45-16h15 Table ronde : synthèse du thème 4
  • 16h15-17h Conclusion du colloque